C’est à Broken Down de débuter le concert, alors que le public est encore clairsemé. Les quatre Grassois sont assez statiques, voire figés, mais ça ne les empêche pas d’envoyer la sauce. La preuve, première chanson, première corde qui rend l’âme, ça commence bien !
Après plusieurs titres mélo avec pas mal de chœurs plutôt bien gérés, les quatre Broken Down passent à un registre plus énergique. Et même s’ils ne jumpent toujours pas en l’air le public est assez réceptif (il faut dire qu’ils jouent en terrain connu). Ils répondent aux exigences du genre et aucune corde ne cède jusqu’à la fin de leur show !
C’est ensuite les cinq Tord Boyaux qui prennent le relais. Plus extravertis certes, mais moins carrés que leurs prédécesseurs, le groupe envoie une sorte de « fusion métal scratchée » plutôt efficace mais un peu répétitive à la longue. Le tout agrémenté d’un jeu de scène bien déjanté et de paroles pas spécialement dans la finesse. A prendre au 15 e degré donc. Une étiquette de gros bourrins revendiquée et assumée…
Vient ensuite le tour de No Perfect groupe de ska punk from Marseille. Ils donnent tout ce qu’ils peuvent, mais à eux trois il font indéniablement moins de bruit que les Tord Boyaux. Et la tâche est d’autant plus difficile que le public commence à s’impatienter en attendant l‘arrivée des Burning Heads (qui d’ailleurs font des allées et venues régulières entres les loges et la salle. Eux aussi sont apparemment impatients de monter sur scène). Le trio enchaîne les titres de leur dernier (et premier) album, « A day like another », sans se laisser perturber par un auditoire de plus en plus distrait. Ils finissent leur set comme ils l’avaient commencé, avec l’accent de Marseille et une bonne dose d’énergie.
Maintenant place aux Burning Heads. Ils arrivent à l’arrache comme d’hab, et le public doit patienter encore quelques instants le temps que ces messieurs fassent leurs balances. L’affaire est rondement menée et au bout de cinq minutes les travellers du punk français démarrent les hostilités. Energie, spontanéité, humour… les Burning tournent depuis 88 mais à chaque fois qu’ils montent sur scène ils ont l’air excités comme pour leur premier concert. Tous ont la trentaine mais ont la fougue de gamins de 16 ans. Ils enchaînent les titres de Taranto, leur dernier album, mais également plusieurs morceaux dub, extraits de Opposite.
Une corde de basse lâche, la grosse caisse se défile sous les pieds de TDK qui continue imperturbable… un concert à leur image, façon do it yourself, ça passe ou ça casse !
Mais le pire c’est qu’avec les Burning ça passe à chaque fois ! Ils grappillent les minutes supplémentaires, mais après plusieurs rappels, ces hyperactifs finissent par lâcher leurs instrus et s ‘en vont comme ils étaient venus, le sourire aux lèvres et surtout pas en rang par deux.
----Céline---- |
BROKEN DOWN
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NO PERFECT
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INTERVIEW DES BURNING HEADS
par Céline
Petit entretien avec Thomas, alias TDK, batteur du groupe.
Le dernier album des Burning Heads, Taranto, est sorti en 2003. Qu’est ce que vous avez fait depuis ?
On a tourné ! C’est comme ça, on ne peut pas s’arrêter ! Mais on n’a pas fait que ça. Nous avons quittés notre label, Sony, et monté le notre, ça nous a demandé pas mal de boulot et de temps.
Pourquoi avoir créé votre propre label ?
Pour mettre en pratique nos grandes phrases et prouver qu’on n’est pas que des grandes bouches ! Et puis tout simplement parce que nous avions envie de gérer nos propres histoires. Comme ça, si ça ne marche pas, on pourra s’en prendre qu’à nous même.
Quels sont les projets du groupe à courts ou longs termes ?
Nous avons une grosse tournée prévue début 2006 avec les Uncommonmenfrommars. Pour l’annoncer nous allons sortir un cd en commun, avec cinq titres chacun. Et puis un dvd aussi, une rétrospective de l’histoire des Burning des débuts jusqu’à nos jours. Et tout ça sur notre label bien sûr ! Et puis un nouvel album aussi d’ici la fin de l ‘année.
Justement après un album dub, puis plus électro avec Bhaas et Alif Sound System, et enfin un retour aux sources avec Taranto, de quoi sera fait le prochain?
Il sera dans la continuité de Taranto, avec tout ce qu’on aime dans le punk rock ! Et au niveau des thèmes abordés, toujours la politique et ce qui se passe globalement chez nous et dans le reste du monde.
Et les expérimentations dub ou électro, c’est terminé ?
En fait rien n’est calculé dans le groupe, tout fonctionne par coups de cœur. On s’est essayé à ses styles musicaux mais si nous avions accroché avec un groupe de reggae on aurait peut être fait un album reggae. Tout ça est une question de rencontres et de temps. On n’a toujours des tonnes de projets en tête, mais rien n’est jamais vraiment prévu à l’avance. Donc, non le dub et l’electro ce n’est pas terminé, mais c’est pas pour tout de suite !
Vous êtes sur la route depuis 1988. Quel est le secret du groupe pour durer et ne pas lasser le public ?
90 % de motivation plus une grosse dose d’amitié et de passion. Mais aussi toutes les propositions et projets extérieurs qui permettent de relancer la machine Burning, pour qu’elle dure et surtout qu’elle reste chaotique et bordélique !